Exposition — Saint-Paul de Vence

Abstract Constructions Nassos Daphnis – Rita McBride

Du 14/03/2026 au 25/10/2026

avec

Nassos Daphnis, Rita McBride

Commissaire

Gregory Lang

L’exposition de Gregory Lang, curateur invité à la Fondation CAB, propose un lien formel et conceptuel inédit entre une sélection d’œuvres essentielles de deux artistes américains, de différentes générations, qui nous conduisent à explorer une abstraction spatiale, entre structure, surface et architecture.

L’accrochage construit un dialogue entre peintures aux grands aplats étirés et colorés de Nassos Daphnis, couvrant plusieurs périodes, des années 50 aux années 90, et sculptures, installations ou maquettes architecturales, réalisées par Rita McBride au cours des 30 dernières années.

Nassos Daphnis (1914-2010), artiste historique clef, pionnier du mouvement Hard Edge Painting et du Minimal Art, a été exposé par les plus grands musées américains de son vivant, et par la galerie Leo Castelli, lors de nombreuses expositions personnelles et collectives, entre 1958 et 1998.
Rita McBride (1960), internationalement reconnue pour une pratique pluridisciplinaire qui étend la sculpture à l’espace public, est une artiste et sculptrice contemporainequi a été exposée dans la plupart des principaux musées ou centres d’art européens et américains, dont récemment au Hammer Museum, Los Angeles (2023), et au Dia Beacon (2023-2025).

D’un point de vue à la fois physique et conceptuel, l’exposition révèle, entre autres, comment l’emploi de lignes, peintes en deux dimensions dans la pratique de Daphnis, et de conduites spatiales, en trois dimensions chez McBride, tracent des cadres perceptifs et guident nos déplacements, interrogeant ainsi la manière dont l’art peut façonner les comportements, les perceptions et les interactions sociales. Leurs œuvres soigneusement agencées permettent ici de créer un « parcours croisé » dans l’espace d’exposition. À l’image d’une grille rétinienne impalpable, les lignes de Daphnis agissent comme une métaphore visuelle et les œuvres de McBride comme des guides corporels ou interactifs. En intégrant des éléments linéaires ou des indices directionnels dans les différents espaces de la Fondation, cet accrochage crée un terrain fertile pour l’expérience des visiteurs.
Parmi les connexion tangibles, leurs œuvres partagent une attention rigoureuse aux surfaces et mettent en avant le minimalisme des formes. L’un et l’autre s’attachent respectivement à la structure sans artifice. Son épure définit le mouvement et la division spatiale dans les compositions abstraites, aux surfaces parfaitement lisses, des principales séries de tableaux de Daphnis. Dans les ensembles sculpturaux de McBride, la sobriété de la structure incarne un idéal minimaliste par excellence — celui d’un bâtiment ou d’un élément d’architecture réduit à sa fonction essentielle.
De lui, l’exposition présente sa série fondatrice, les peintures Pioneers, caractérisée par des plans de couleurs, traversées par des lignes droites parfaites, s’étirant d’un bout à l’autre de la toile. Avec la même rigueur géométrique, ces éléments picturaux se transforment en arcs colorés dans ses séries Flame et Transmitting Waves, à la recherche d’une vibration plus dynamique.
D’elle, sont surtout présentées des installations et des sculptures de formes géométriques ou d’apparences domestiques, qui interrogent les frontières fonctionnelles entre l’art et l’industrie de la construction et du design. Elles revêtent parfois un aspect banal alors qu’elles sont conçues à partir de matériaux issus du vocabulaire plastique de la sculpture classique que l’artiste revisite comme à travers ses pièces : Glass Conduits, tuyauteries en verre de Murano fixées au mur, Marble Conduit, canalisation en marbre de Carrare au sol, Skylights, fenêtres de toiture moulées en bronze ou en aluminium, Mobile, maquettes d’architectures en verre acrylique et aluminium, Stratacolor, gabarits en bois stratifié, A Stair, escalier en bois incrusté et métal.
Un autre type de dialogue s’établit dans l’exposition : d’une part, entre les toutes premières toiles de Daphnis, peintures abstraites aux plans géométriques colorés datant de 1958 et ses dernières abstractions de 1990, générées par ordinateur et inspirées par les premiers écrans pixelisés envahissant les intérieurs ; d’autre part, avec les tapisseries de McBride, qui reproduisent des mires de réglage télévisuel, système analogique permettant d’ajuster la couleur et la netteté d’un écran, et utilisées ici comme substitut à la décoration abstraite.


Rassemblées pour la première fois pour cette exposition Abstract Constructions, Nassos Daphnis – Rita McBride, les œuvres de ces deux artistes, à priori éloignés dans le temps et la pratique, oscillent ensemble dans un espace commun, à la frontière entre fonctionnalité et poésie, entre autorité et liberté. 

Cette exposition est possible grâce aux soutiens de The Nassos Daphnis Estate et Richard Taittinger Gallery, New York, Galleries Alfonso Artiaco, Napoli, Konrad Fischer, Berlin-Cologne-Los Angeles, et Mai 36, Zurich.

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