Exposition — Bruxelles

On the Lookout

Du 06/09/2022 au 28/01/2023

avec

Irma Blank, Nadia Guerroui, Ann Veronica Janssens, LAb[au], Adrien Lucca, Dimitri Mallet, Luisa Mota, Morgane Tschiember, Pieter Vermeersch

Commissaire

Gregory Lang

La Fondation CAB présente une exposition dans laquelle (le commissaire) Gregory Lang envisage l’espace de la fondation comme le support d’expérimentations nouvelles pour des artistes internationaux et de la scène bruxelloise.

ON THE LOOKOUT (À l’affût) explore la stimulation des comportements humains à travers différentes variations de la couleur. Les œuvres en présence se distinguent par un caractère à la fois immersif et immatériel. Au gré de nos déplacements, nous entrons en relation avec elles. Les dialogues et les tensions ainsi créés entre les installations colorées et l’architecture intensifient notre attention. Le temps consacré à ces rencontres contribue à la qualité de nos expériences vécues, chaque moment étant favorable pour observer des micro-événements. Cet ensemble met en jeu notre capacité à discerner plusieurs états d’une même œuvre en situation et aiguise la finesse de nos ajustements perceptifs.

L’exposition se déploie selon différentes séquences. En traversant ces zones d’expériences, nous sommes amenés à découvrir les nuances de tonalités conceptuelles entre les artistes.

Dès l’entrée, notre perception est captivée par les fluctuations chromatiques d’Adrien Lucca (n. 1983, vit et travaille à Bruxelles). La virtuosité scientifique de son installation réside dans la transfiguration des pigments par la lumière. On passe de cet espace à la colorimétrie contrôlée pour s’immerger ensuite dans l’approche intuitive de Luisa Mota (n. 1984, vit et travaille à Porto). Son intervention in situ colorée et en transparence rentre en résonances simultanées avec nos corps et l’ouverture sur la cour intérieure.

Suite à ce travail à l’échelle de la main, des installations architecturales s’emparent de la grande salle. D’un côté, nous longeons l’œuvre murale de Pieter Vermeersch (n. 1973, vit et travaille à Turin) qui étend la couleur en dégradée dans la longueur de l’espace. Son geste pictural se fait oublier pour créer un temps métaphysique. De l’autre côté, nous traversons l’installation monumentale de Morgane Tschiember (n. 1976, vit et travaille à Paris) qui sculpte la couleur dans la hauteur et la profondeur de l’espace. Ses arches inversées confèrent une dimension sensuelle au matériau industriel qui les compose, en jouant avec sa transparence.

Sous cette même lumière changeante de la verrière, on interagit avec l’œuvre en verre aux couleurs dichroïques d’Ann Veronica Janssens (n. 1956, vit et travaille à Bruxelles), qui reflète l’environnement. Entre contemplation et immersion, notre expérience sensorielle se prolonge dans la quête des différents états d’une lumière transformée. Notre perception de l’œuvre de Dimitri Mallet (n. 1983, vit et travaille à Paris) s’approfondit, aussi, après un temps d’attention. Ses couleurs suggestives nous renvoient à notre perception de la lumière au travers de nos paupières closes. La représentation de cet état intérieur, entre sommeil et éveil, tend vers une interprétation romantique des couleurs.

Un changement de physicalité s’opère lorsque notre regard se glisse dans l’espace du fond, entrouvert dans la perspective. Une relation étroite s’établit ici avec des œuvres qui se découvrent pleinement dans l’approche. La peinture vibrante et spatiale d’Irma Blank (n. 1934, vit et travaille à Milan) nous absorbe avant de dévoiler un geste linéaire empli de sérénité. Au travers des variations d’intensité de la couleur, la durée rythmique de sa respiration acquiert matérialité et lisibilité. En basculant dans le pli de l’espace qui renvoie le plus la lumière zénithale, cette même constance méditative et haptique se manifeste dans l’installation de Nadia Guerroui (n. 1988, vit et travaille à Bruxelles). On y explore avec nos déplacements le caractère insaisissable de sa surface murale à la couleur iridescente, changeant aussi dans le temps, au gré de la position du soleil.

L’espace clos adjacent est baigné dans une lumière artificielle, créant ainsi une zone d’observation la plus constante possible. L’apparition progressive de la couleur dans l’œuvre de de LAb[au] (collectif depuis 1997, vivent et travaillent à Bruxelles) y signifie un changement d’état. La juxtaposition de deux stades différents d’une même matière nous permet de confronter des couleurs séparées par plusieurs millions d’années, ouvrant sur une temporalité géologique.

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