On a beaucoup écrit sur les sculpteurs : en réutilisant des « matériaux trouvés » tels que Stack de Tony Cragg (1975) ; en utilisant des matériaux quotidiens comme Mary Miss, Awning (1966) ou Things that Drag Me Along de José Bedia (2008) ; et en exposant des objets trouvés et des readymades depuis Dada. Moins discutée est la tendance des sculpteurs à présenter les matériaux tels quels, à l’état brut. Par « matériaux bruts », je pense à des matériaux purs qui semblent « prêts à l’emploi », tels qu’ils ont été achetés, comme Marissa Merz, Untitled (1966) ; Richard Serra, To Lift and Scatter Piece (tous deux 1967) ; Richard Long, Small White Pebble Circles (1967) ; Alighiero e Boetti, Colonna (1968) ; Richard Serra, Cutting Device : Base Plate Measure (1969) ; Jannis Kounellis, Untitled (1969) ; Chocolate Room d’Ed Ruscha (1970), ou String installation de Richard Tuttle ou Rope Piece (tous deux 1974).

Une sensibilité similaire imprègne l’exposition actuelle de la CAB où la sciure de bois risque de s’envoler, les champignons surgissent, les chias poussent verticalement, les peaux et les coquilles d’œufs s’équilibrent de façon précaire, les cristaux de sel se dissolvent, la mousse de polystyrène se décompose et des carottes de fluorine jaillissent de 300 mètres sous la surface de la Terre. De telles œuvres transmettent un sentiment d’immédiateté, de franchise et de transparence quant à leurs propriétés matérielles. N’ayant pas été altérées, elles ne sont pas « coincées » et évoquent donc un corps en mouvement, un objet en transformation. Nous attendons donc leur avenir en sachant que rien ne sera comme aujourd’hui.

Après avoir organisé plus de 100 expositions et biennales aux États-Unis, les prochaines initiatives de Sue Spaid sont « De Wind Deed Het », qui ouvrira ses portes le 28 juin au Windowbox de Malines, en Belgique, et « Ecovention Europe » : Art to Transform Ecologies, 1957-2017″, une enquête sur les actions pratiques initiées par des artistes dans un but écologique, qui ouvrira en septembre au Musée De Domijnen à Sittard, NL. La thèse de doctorat de Spaid, intitulée « Work and World », sera présentée en 2013 : On the Philosophy of Curatorial Practice a été influencée par son expérience de plus de vingt-cinq ans en tant que critique, galeriste, conservatrice et directrice de musée. En plus d’écrire régulièrement des critiques d’art et des essais de catalogue, elle a publié des articles de philosophie dans Philosophy of Design (2017), Journal of Somaesthetics (2016), Philosophica (2016), Arte y Filosophía en Danto (2016), Aesthetic Investigations (2016), Journal of Aesthetics and Art Criticism (2016) et Rivista di estetica (2015).

Pour réserver, veuillez nous contacter à l’adresse suivante : info@cab.be

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